Le SaaS et l’avenir des informaticiens
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Je discutais il y a quelques temps avec un consultant qui faisait une étude sur la sécurité de l’informatique en nuage (Cloud Computing et consors) et la discussion en est arrivée à s’interroger sur l’évolution du métier d’informaticien.Pour les toutes petites structures qui n’emploient généralement aucun informaticien, le SaaS est une bénédiction puisqu’il leur permet d’utiliser des services performants et sécurisés dès le début de leur activité, et cela sans soucis d’informatique avec un niveau de performance qui est celui des très grandes structures. Pour tous ceux-la, il est probable qu’ils n’embaucheront jamais un informaticien classique : lorsque l’on a goûté au confort du SaaS, on n’a pas de raison de faire machine arrière.
Pour les sociétés de taille intermédiaire, celles qui ont un petit service informatique disons d’au plus une dizaine de personnes, l’avenir s’annonce compliqué. Pour ces sociétés, si la rentabilité de leur personnel ne pose pas normalement de problème immédiat, il en est tout autrement pour leurs investissements en matériel et infrastructure. Pour eux, il est évident que la possession d’un datacenter ne sera jamais économiquement rentable mais que ne pas le faire les expose à un risque structurel élevé (sécurité d’accès, qualité de l’énergie fournie, risque d’incendie ou d’accident industriel, d’inondation …). Au minimum, elles devront faire héberger leurs services informatiques chez un professionnel. Mais au-delà, les problèmes quotidiens de maintenance sont difficilement amortissables et justifiés face à des solutions en ligne. Si de grands acteurs comme Valéo ont décidé de passer à Google Apps en lieu et place de la suite bureautique de Microsoft par exemple, c’est pour un ensemble de raisons qui va bien au-delà du problème d’infrastructure. Or pour des structures moyennes, “sortir” son informatique a un impact social plus fort que pour les grosses : le changement ne pourra probablement se faire qu’en assignant une nouvelle mission à ses équipes, mission moins technique mais très probablement plus orientée vers la gestion des contrats (trouver le meilleur service, savoir le négocier, définir et suivre les éléments de gouvernance, …) et vers une notion étendue de sécurité (sécurité commerciale et financière, sécurité des partenariats, …). On voit là se dessiner une sorte de DSI-RSSI-technico-commerciale d’un genre nouveau.
Enfin, pour ce qui concerne les grosses structures qui sont déjà organisées en unités de production autour d’un datacenter, le challenge pour eux sera soit de devenir un centre de profit, soit de faire reprendre ce datacenter par un acteur du marché. Amazon a tracé la voie en passant du statut de libraire en ligne à celui d’acteur majeur du Cloud.
Globalement, le mouvement vers le cloud ressemble à une rationalisation des moyens informatiques et humains : quel est le sens économique d’avoir des armées de développeurs qui peu ou prou re-développent ou adaptent pour la millième fois la même application ? Dans le modèle SaaS, les développeurs sont définitivement attachés à l’éditeur qui acquiert (enfin) la compétence de producteur et devient performant grâce à un haut niveau d’industrialisation (il peut aussi choisir de s’associer avec un professionnel de la production informatique). Avec ce modèle, l’éditeur maîtrise toute sa chaîne (définition du service, ingénierie, production, support), fait des économies (marketting / vente, support, évolution, …), fidélise mieux ses clients.
Nous assistons sans doute à un mouvement stratégique d’ampleur visible en autre par l’acquisition ou la création de datacenter par les grandes sociétés logicielles ou le rapprochement entre industries du hard et du soft (Oracle / Sun, Microsoft, IBM, HP, IBM, …).
Ph. Ris, fondateur d'Auris Solutions
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Remarque intéressante. Parmi les métiers classiques de l'informatique, lesquels pourraient être épargnés ?
On peut tabler sur les ingénieurs réseaux dont l'importance est bien sûr fondamentale dans une informatique dématérialisée, et sur les techniciens en charge des postes de travail.
On peut faire une analogie avec l'électricité : l'entreprise a besoin de personnel pour entretenir son réseau électrique interne et de techniciens pour installer les machines, pour le reste il y a EDF.
On peut tabler sur les ingénieurs réseaux dont l'importance est bien sûr fondamentale dans une informatique dématérialisée, et sur les techniciens en charge des postes de travail.
On peut faire une analogie avec l'électricité : l'entreprise a besoin de personnel pour entretenir son réseau électrique interne et de techniciens pour installer les machines, pour le reste il y a EDF.
Pour être totalement exhaustif, on pourrait toujours évaluer l'impact de la démat par rapport à la nomenclature du Cigref ( http://blog.auris-solutions.fr/2009/09/23/memo-des-meti... ), mais cela n'entrerait pas dans le format d'un blog.
L'idée générale est bien de montrer que la dématérialisation du SI a un impact majeur sur l'organisation des équipes informatiques.
L'idée générale est bien de montrer que la dématérialisation du SI a un impact majeur sur l'organisation des équipes informatiques.
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